" La plus vivante des encyclopédies universelles "

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BABIN Gustave (décédé en 1939) Actif : 1893-1930

Gustave Babin, avec Ludovic Naudeau et quelques autres, appartient à la famille des grands reporters dont la signature a fait durant plus de trois décennies les belles heures de L’Illustration.
Il collabore au magazine dès 1893, son tout premier article signé étant publié le 15 juillet. Il porte sur "Le canal maritime de la basse Loire". Comme pour d’autres rédacteurs, cette collaboration ne sera pas exclusive. Gustave Babin écrit dans d’autres journaux, notamment dans le Journal des débats. Après avoir quitté l’hebdomadaire au terme de trente ans de collaboration, il s’installe à Casablanca, pour y diriger la revue L’ère française.
On lui doit plusieurs ouvrages sur la Première Guerre mondiale (La bataille de la Marne,1915), sur le Maroc (Au Maroc (1912), Le Maroc sans masque (1932)). Il publie dès 1902 Après faillite, souvenirs de l’exposition de 1900.

Il est décédé au Maroc en avril 1939. Aucun écho de sa disparition ne figure dans L’Illustration.

BAECKER Gerald de

Gérald de Baecker publie dans L’Illustration un article intitulé "Une journée de combat sur le front de Russie" (12 juin 1943), un ensemble de notes et de photos sur la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Il y est présenté comme « correspondant de guerre à la LVF ».

Dates de naissance et de décès non connues.


BALITRAND Suzanne

Suzanne Balitrand est journaliste de presse et de radio. Elle anime l’émission de « causerie radiophonique » L’Heure de la femme, diffusée par la radiodiffusion nationale au printemps 1944. Collaboratrice occasionnelle de L’Illustration, elle publie une étude en deux volets : "Les femmes peuvent-elles vivre des professions masculines ?" (24 juillet et 21 août 1943).

Dates de naissance et de décès non connues.


BALLU Roger (27/03/1852-27/05/1908)

Roger Ballu est né à Paris. Fils de Théodore Ballu, architecte, et membre de l'Institut, Roger Ballu après le lycée, poursuit des études artistiques, avant d’entrer dans l'administration. Il fait partie du cabinet du préfet de la Seine dès l'âge de 23 ans, puis est nommé inspecteur général des Beaux-arts, en 1884. Il entre dans la carrière politique, en se faisant élire maire de Gournay-sur-Marne, puis conseiller général de Seine-et-Oise. Il est également député de la Seine-et-Oise (1902-1906). Roger Ballu devient alors secrétaire de la Chambre des députés et fait partie de la commission relative à la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Il intervient sur les budgets des Beaux-Arts et des Monnaies et médailles, demande à interpeller le gouvernement sur l'acquisition de la tiare d'or du Louvre (1903), prend part à la discussion du projet de loi sur le service de deux ans, mais ne rédige aucun rapport. Il ne se représente pas aux élections générales de 1906.

Ecrivain d’art, il est l’auteur d’une série de comptes-rendus d’expositions et de salons artistiques : "Les artistes contemporains" (1877), "Le Salon de 1878", "L'art et les concours" (1879), "La peinture au Salon de 1880", "Une vie d'artiste" (1885), "Des réformes nécessaires" (1886), "L'œuvre de Barye" (1890).

Le nom de Roger Ballu apparaît dans L’Illustration du 30 avril 1887, où il donne un compte rendu du Salon de printemps. Pour ce numéro spécial, un important effort de qualité dans la reproduction des tableaux a été fait : « En comparant notre numéro du Salon de 1887 à ceux des années précédentes, nos lecteurs seront frappés, nous n’en doutons pas, des immenses progrès réalisés par les procédés de photogravure, à l’aide desquels sont obtenues les reproductions de tableaux qui y figurent. Ces perfectionnements sont dus à la maison Lemercier et Cie qui a bien voulu se charger de l’exécution de toutes nos planches. MM. Lemercier viennent de faire pour la typogravure ce qu’ils ont fait il y a trente ans pour la lithographie, qu’ils ont portée au plus haut degré de perfection. Grâce à eux, ces procédées nouveaux vont sortir du domaine de l’expérience pour entrer dans la période d’application pratique et devenir un puissant moyen de vulgarisation artistique ».
Dans le numéro du 28 mai, Roger Ballu récidive avec un compte rendu du Salon de la sculpture.

Chevalier de la légion d’honneur et officier de l’instruction publique, il a également été président-fondateur de la Société des pastellistes français.

Roger Ballu est décédé à Gournay-sur-Marne.

BAPST Constant Germain (20/12/1853-09/12/1921) Actif : 1892

Constant Germain Bapst, né à Paris, est un historien, collectionneur et industriel, en même temps qu’archéologue et bibliophile. Lauréat de l’Académie française et de l’Institut, il est membre de la Commission de L’histoire du travail et de la Commission de perfectionnement de la manufacture de Sèvres. Il collabore occasionnellement à L’Illustration dans les années 1890 ("Les représentations de galas", 21 mai 1892, "La dernière communion de Marie Antoinette", 14 octobre 1893, "Napoléon à la scène", 4 novembre 1893). Il écrit Histoire des joyaux de la couronne de France, Essai sur l’histoire du théâtre, Le Maréchal Canrobert.

Il est décédé à Paris.


BASCHET Jacques (20/08/1872-10/01/1952) Critique d’art- Directeur des services artistiques du journal. Actif (1923-1944)

Né à Gagny, Jacques Baschet est le 3ème fils de Ludovic Baschet. Il fait des études à l’Ecole Alsacienne et au lycée Louis-le-Grand. Il est administrateur adjoint du Mobilier national, après avoir été secrétaire de l’Ecole des Beaux arts.
A cette époque, il a déjà publié une Histoire de la peinture flamande et une Histoire de la peinture française en trois volumes, ainsi qu’un roman, Le Refuge. C’est en 1923 qu’il rejoint L’Illustration pour y diriger les services artistiques, en charge des numéros de Noël et des numéros spéciaux : « Sait-on ce qu’un numéro de Noël représente de science et de patience. Sa préparation s’échelonne sur une année entière, car il s’agit de grouper les écrivains, les artistes les plus en renom, de révéler des œuvres originales, de réaliser une suite de pages harmonieuses, variées, autant par les sujets que par la présentation, d’associer aux chefs d’œuvres du passé les créations de l’art moderne ».

Entre 1923 et 1944, il signe tous les comptes-rendus d’expositions et plus particulièrement celui du Salon de peinture, publié au printemps. En 1943, outre le compte rendu du Salon, il milite "Pour une renaissance de l’art" (1er mai, 5 et 19 juin 1943). Ses derniers articles paraissent en 1944 : "Vers une rénovation de la tapisserie" et "La mort du peintre Dewambez" (25 mars/1er avril), "Le salon de 1944" (6/13 mai), "A la recherche d’un nouveau décor" (17/24 juin).
En tant qu’historien d’art, il est l’auteur de plusieurs ouvrages : à ses Histoire de la peinture française, et Histoire de la peinture flamande, sont venus s’ajouter après 1945 Pour une renaissance de la peinture française, Histoire de la tapisserie française.

On lui doit aussi la première partie de la Chronique de la famille Baschet, 100 ans de souvenirs (1872-1972) dans laquelle il évoque l’histoire familiale, jusqu’en 1944. Une véritable mine de renseignements sur les Baschet, mais qui n’a connu qu’un tirage très limité, ce qui en fait un document particulièrement difficile à trouver.

Jacques Baschet est décédé le 10 janvier 1952.

BASCHET Roger (10/11/1902- )Actif : 1923-1944

Fils de Jacques Baschet et neveu de René Baschet, Roger Baschet est né en 1902. Il fait ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly, puis à l’école Fontanes que dirigeait alors le père du futur général de Gaulle. Après deux années d’académie Julian et d’école des Beaux arts, il rejoint L’Illustration, au milieu des années 1920. Aux côtés de son père, il participe à la préparation de numéros spéciaux, avant de devenir adjoint aux services artistiques de la revue : « Je faisais mon apprentissage sous l’œil apparemment sévère de mon père, de Louis (Baschet) et d’oncle René. De nombreux peintres défilaient dans les bureaux avec l’espoir de voir leurs œuvres reproduites (…). Je m’initiais aux techniques de l’impression et de la photogravure (…). J’étais timide et pour me forcer à surmonter ce défaut, on m’envoyait au domicile des artistes qui venaient de mourir », afin de « demander à la veuve des photos et un curriculum vitae de son mari ».

En 1936, deux ans après le lancement de la revue Plaisir de France, dirigée par Olivier Quéant, il en devient rédacteur en chef, une fonction qu’il occupe jusqu’à la première cessation de parution (août 1944) de la revue, qui avait été rebaptisée Images de France, dès octobre 1939. Il publie jusqu’en 1944 de très nombreux articles dans L’Illustration, qui ne se limitent pas aux seuls comptes-rendus artistiques, comme "Le salon des prisonniers" (3/10 janvier 1942). Il s’agit souvent d’articles de variété sur la vie et l’air du temps : "La soierie lyonnaise au pavillon de Marsan" (27 mars 1943), "Maisons en Ile-de-France" (21 août 1943). A la libération, il devient correspondant de guerre du journal L’Aube, ainsi que de L’Aurore. Il suit l’armée du général de Lattre jusqu’à Berlin et à Vienne. Il en rapporte un livre, Témoin d’une épopée.

De 1949 à 1952, il dirige la revue Elites, avant de réintégrer en tant que rédacteur Plaisir de France, relancé par Olivier Quéant avec le numéro d’août-septembre 1945. Il y reste jusqu’à la fin des années 1960. Après guerre, il publie plusieurs ouvrages sur l’histoire de la peinture en France, en Europe, en Asie, suivis d’autres volumes sur l’histoire de l’art et sur la décoration, sans oublier une Encyclopédie de la maison et une série sur les styles régionaux (édités pour la plupart par les éditions SNEP - Illustration puis Baschet et Cie -L’Illustration ou par les Nouvelles Editions françaises). En 1974, il rédige une monographie sur la famille Baschet, complétant la première partie qui avait été écrite par son père, Jacques Baschet. Son ultime livre, consacré au Monde fantastique du musée Grévin est paru en 1982, avec une préface d'Alain Decaux (éditions Tallandier).

BASSET Serge (1865-1917) Journaliste – reporter

Serge Basset, né en 1865, est à la fois journaliste, auteur dramatique et romancier. Il écrit sous le pseudonyme de Serge Fidelis. Selon Philippe Van Tieghem (Dictionnaire des littératures), son véritable nom aurait été Paul Ribon. La Bibliothèque nationale de France recense plus de 80 titres de Serge Basset. Auparavant, il était professeur puis principal de collège. Selon Gustave Babin (L’Illustration, 5 septembre 1908), « Il n’aimait pas régenter. Indiquer, imposer au besoin à d’autres, à des petits, une règle de vie quand on est si embarrassé parfois soi même, pour se conduire, cela lui paraissait audacieux et même un peu effrayant ».

Il s’installe à Paris pour se consacrer à sa passion, l’écriture et fonde la revue de littérature Matines en 1897. Le Gil Blas accueille ses chroniques, avant Le Matin puis Le Figaro pour lequel il rédige son "Courrier des théâtres". Il est également grand reporter, « un métier nouveau, mouvementé, fertile en impressions diverses » et pour lequel « il apporte toute l’activité, tout l’entrain, toute la conviction indispensables pour le bien faire et (…) une façon personnelle de sentir et d’observer, un sens très vif du pittoresque, quelque philosophie. Enfin un grand souci d’écrire qui tend à devenir de plus en plus rare », note Gustave Babin.

Du reportage, il passe au courriérisme théâtral, au sein de la rédaction du Figaro. De quoi libérer quelques heures de son temps qui lui permettent de s’adonner au roman, avec Comme jadis Molière suivi de Une aventure de Frédéric Lemaître, publié par L’Illustrationen 1908. Après un drame social, La grande rouge (1897) et une pièce réaliste, Au poste (1898), non représentée, il débute au théâtre en 1903, avec La faute. En 1904, la Comédie française fera jouer son Racine chez Arnauld. Il devient un collaborateur de L’Illustration peu avant 1910.

Serge Basset est décédé le 29 juin 1917, tué au front, alors qu’il était correspondant de guerre.

BASTARD Georges (1851-1914) Actif : 1901

Georges Bastard, collabore à L’Illustration dans les années 1890-1900. Il est l’auteur de romans (Hommes de mer, Le chaloupier) et de plusieurs ouvrages d’histoire militaire notamment sur la guerre de 1870-1871 (Guerre franco-allemande, Sedan, Bazeilles dix ans après). On lui doit aussi Un Siècle de batailles : Pyrénées, Vendée, Waterloo, Paris, Metz, Espagne, Algérie, Le général Mellinet en Afrique, 1798 à 1843, ainsi qu’une étude sur la Loire Inférieure, Saint-Nazaire, son histoire, les découvertes du bassin de Penhouët, le "Portus Brivates" des Romains.

Georges Bastard est décédé en 1914.


BAUDRY DE SAUNIER Charles-Louis (02/03/1865-1938) Journaliste et chroniqueur scientifique. Actif : 1895-1938

Baudry de Saunier figure parmi les collaborateurs les plus fidèles de L’Illustration puisqu’il aura accompagné l’hebdomadaire pendant plus de quarante ans. Son nom est associé aux chroniques scientifiques et techniques, notamment celles sur l’automobile.

Né le 2 mars 1865, dans une famille parisienne, il fait ses études au collège Stanislas où il côtoie Henri de Regnier et Edmond Rostand. Tout en poursuivant des études de droit, il est à l’origine d’un petit journal, à vocation littéraire, Le Roquet, dans les colonnes duquel écrivent régulièrement Jules Renard, Marcel Schwob ou Willy. C’est en 1890 que son destin bascule.

Alors qu’il s’oriente vers la littérature, il découvre la bicyclette. Désormais munie de pneumatiques mis au point par l’Irlandais Dunlop, elle est devenue un moyen de se déplacer plus attractif et confortable. C’est ce qui le pousse dès 1891 à rédiger une Histoire générale de la vélocipédie qui connaît un réel succès. Il se remet alors à l’ouvrage et enchaîne les titres sur le sujet : Cyclisme théorique et pratique (1892), Les recettes et procédés vélocipédiques (1893) suivis de l’Art de la bicyclette (1894). Du vélo, il passe au tricycle à moteur dont les premiers spécimens commencent à sillonner les routes. Ce sera le thème de son tout premier article dans L’’Illustration du 11 mai 1895. Il y décrit le tricycle à pétrole De Dion Bouton.

Face à l’automobile balbutiante, il éprouve la même curiosité d’esprit. Le voila apprenti chauffeur et comme il l’avait fait pour la bicyclette, il entend faire partager son expérience et ses connaissances aux lecteurs. Quatre titres leur sont alors proposés : "L’automobile théorique et pratique" (1897), "Les recettes du chauffeur" (1901), "Sa majesté l’alcool" (1904) et, enfin, "L’art de bien conduire" (1906). Pour les adeptes de la conduite, il fonde en 1906 ce qui est sans doute l’un des tout premiers, sinon le premier, journal dédié à l’automobile, Omnia. Dans ses colonnes, comme il le fera dans L’Illustration, il dispense des conseils pratiques et techniques sur l’automobile, la mécanique et la conduite en général, ainsi que les règles à respecter et les comportements à adopter. Un ouvrage utile pour les apprentis conducteurs au moment où le permis de conduire vient de faire son apparition. Dès lors, sa signature apparaît régulièrement dans les colonnes de L’Illustration. Excellent vulgarisateur, il disserte sur les innovations techniques liées à l’automobile, ce qui ne l’empêche pas d’aborder d’autres thèmes scientifiques.

Pendant la Grande guerre, Baudry de Saunier s’intéresse au canon de 75, à propos duquel il rédige un ouvrage descriptif qui va devenir une sorte de manuel pratique des artilleurs. Après 1918, il revient à ses premières amours, consacrant de nouveaux ouvrages à la bicyclette et à l’automobile. Volontiers éclectique, il éprouve aussi de l’intérêt pour une autre innovation promise à un bel avenir, la T.S.F., au point de lui consacrer un livre, Initiation à la T.S.F. Le journaliste scientifique trouve toutefois encore le temps de porter un regard critique sur la langue française, en publiant Les gaîtés et tristesses de la grammaire de l’Académie française. Enfin, dans un domaine où on ne l’attendait pas, il est aussi l’auteur de Le mécanisme sexuel : éducation sexuelle.

Comme le fera L’Illustration avec ses numéros spéciaux alliant l’automobile, le tourisme et la gastronomie, il entre en campagne pour promouvoir le tourisme, améliorer le confort des hôtels et développer le goût du tourisme. Il dispose pour cela de la tribune de la revue du Touring Club de France dont il est rédacteur en chef. Précurseur du caravaning (« le camping automobile »), il donne lui-même l’exemple en acquérant ce que L’Illustration appelle dans l’article nécrologique qu’elle lui consacre, « une roulotte remorque » baptisée Pigeon Vole. L’édition ne pouvait pas rester insensible à ses talents et c’est Flammarion qui lui propose de rédiger une série de brochures qui seront de véritables best-sellers, atteignant au moment de sa disparition les 300.000 exemplaires pour Le code de la route commenté, et dépassant même les 500.000, avec L’examen du permis de conduire. Ajoutons-y quelques autres beaux succès de librairie avec, Initiation à l’automobile et, dans un registre différent, Principes et usages de la bonne éducation moderne.

Pendant les deux décennies de l’entre deux guerres, il n’est quasiment pas un numéro de L’Illustration sur L’automobile ou sur les Arts ménagers, dans lequel on ne trouve sa signature, au côté de son ami et secrétaire François Toché. C’est tout naturellement vers lui que se tourne Louis Baschet, lorsqu’il s’agit de publier L’histoire de la locomotion terrestre. Baudry de Saunier aura en charge toute la partie consacrée à l’automobile et au cyclisme.

Baudry de Saunier est décédé le 31 décembre 1938. Dans l’article nécrologique que lui consacre l’hebdomadaire, le 7 janvier 1939, on peut lire en conclusion : « C’est un grand vulgarisateur qui disparaît, le créateur d’une formule qui permettait au lecteur, même le moins préparé de comprendre les sujets techniques les plus ardus ».

BAUZON Louis. Actif : 1890

Louis Bauzon écrit dans L’Illustration au début des années 1890 ("Voyage du capitaine Trivier dans l’Afrique équatoriale"). Il est aussi l’auteur de deux ouvrages : La Loi Camille Sée, documents, rapports et discours relatifs à la loi sur l'enseignement secondaire des jeunes filles. Préface par M. Louis Bauzon (1881) et Dessins et modèles : la Sculpture décorative (statues, groupes, bas-reliefs) (1892).

Dates de naissance et de décès non connues.


BAYARD Henry (1868-1937). Actif : 1896

Fils du dessinateur Emile Bayard (1837-1891), lui-même collaborateur de L’Illustration (voir Les dessinateurs) Henry Bayard (1868-1937) a mené une carrière de peintre et d’écrivain d’art prolifique, avec une soixantaine de titres publiés. Il collabore au Monde illustré et sa signature apparaît dans L’Illustration dans les années 1890.

Henry Bayard est décédé en 1937.
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BEAUPLAN, Robert Rousseau de (12/02/1882- 1951) Pseudonymes : Robert Lambel, Robert Limbourg. Rédacteur. Actif 1920-1942

Né à Meudon, Robert Rousseau de Beauplan est le fils de Amédée Gaston Ludovic Rousseau de Beauplan, avocat, et d’Emilie Gabrielle Adèle Ambroise, dite Emilie Ambre, artiste lyrique. Celle-ci, âgée de 33 ans à la naissance de l’enfant, ne le reconnaît officiellement qu’en 1890, ainsi qu’en atteste l’Etat civil. Emilie Ambre (1849-1898) qui inspira un tableau à Edouard Manet (Emilie Ambre, dans le costume de Carmen, 1880, Musée d’art de Philadelphie), était une cantatrice de renom, interprète favorite de Carmen, de Bizet et c’est elle qui créa le rôle de Manon. Lors d’un séjour aux Etats Unis, entamé en 1880 dans la Compagnie James Mapleson, elle devait rejoindre la Compagnie de l’Opéra français de la Nouvelle Orléans, placée sous la direction d’Amédée Rousseau de Beauplan. Elle fit une nouvelle tournée en 1881, interprétant Faust, Aïda ou la Traviata, entre juin et août 1881. De retour en France, elle accoucha à Meudon. Après avoir officiellement reconnu l’enfant le 16 juin 1890, elle épousa en 1894 Emile Bouichère (1861-1895), organiste, maître de chapelle et chef de Choeur. Emilie Ambre, décédée en 1898, a laissé une autobiographie (Emilie Ambre, une diva, éd. Ollendorf, 1885).

D’abord élève à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Robert de Beauplan enseigne les Lettres, en tant que professeur agrégé, au collège Sainte Barbe, avant la Grande guerre. Au moment de l’affaire Dreyfus, il semble avoir été dreyfusard, ainsi qu’il le reconnaît dans un texte publié en 1942 : « Cette affaire Dreyfus a été le grand événement de ma jeunesse. Je pense qu’elle a marqué d’une empreinte profonde tous les hommes de ma génération ». Proche des milieux intellectuels de gauche, il affiche alors des idées mêlant antimilitarisme et pacifisme. En novembre 1912, à Paris, il épouse en premières noces Marsa Roustan,de 9 ans sa cadette, dont il divorcera. Il se remarie, en novembre 1935 avec Marguerite Charlotte Debouzée. Âgé de 32 ans lorsque la Grande guerre éclate, il est attaché à l’état major du maréchal Pétain en 1917. Après sa démobilisation, il renonce à l’enseignement et opte pour le journalisme en entrant à l’Eclair, dont il devient le rédacteur en chef.

On le retrouve ensuite à La Liberté, dont il devient l’éphémère rédacteur en chef (1920-1921), avant qu’il ne rejoigne L’Illustration où il est introduit par Maurice Normand (1865-1923) qui était alors rédacteur en chef. Il devient un des principaux rédacteurs de l’hebdomadaire auquel il collabore jusqu’en 1941, signant sous son nom ou sous le pseudonyme de Robert Lambel et probablement, de Robert Limbourg. Selon Michèle Cointet (Dictionnaire historique de la France sous l’Occupation, éd. Tallandier, 2000), « il contribue à orienter (L’Illustration) à droite ». Outre les articles diplomatiques et de politique intérieure qu’il signe le plus souvent Robert Lambel, il tient aussi la rubrique de la critique théâtrale et cinématographique. C’est ce qui le conduit à superviser régulièrement la publication de la Petite Illustration consacrée le plus souvent aux pièces de théâtre mais aussi au cinéma. A la fin de 1938, afin de mener à bien pour L’Illustration la publication d’une étude sur le peuple juif, il sollicite le Groupement israélite de coordination, d’aide et de protection, lequel lui remet une documentation abondante. Robert de Beauplan en tire une étude publiée le 4 février 1939 dans La Petite Illustration, sous le titre "Un problème de l’heure : le drame juif". Son étude sera prolongée par "Le drame juif", publié par l’éditeur Sorlot, globalement favorable aux Juifs, note l’historien Simon Epstein (Un paradoxe français, Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la résistance, éd. Albin Michel).

"La juste parole" (5 mai 1939), parle d’un « grand effort d’objectivité » et d’un « travail hautement méritoire qu’il est intéressant de lire et de propager autour de soi ». De Beauplan considère alors que le racisme « est en totale contradiction avec les idées qui depuis la révolution française inspirent la plupart des sociétés modernes». Il en conclut que la persécution des juifs «constitue une bien dangereuse régression de la civilisation » et que ceux-ci « ne doivent pas leur situation à la faveur, mais à leur intelligence, à leur activité, à leur faculté d’adaptation ». Il ajoute qu’il « n’est pas admissible qu’une catégorie de citoyens, sans avoir commis aucun délit, puise être rejetée du corps social par la décision souveraine d’un gouvernement ou d’un parti pour l’instant omnipotent. C’est là une rupture du contrat qui lie les individus à la Société ». On est encore loin des diatribes antisémites qui émailleront certains de ses articles, notamment dans Le Matin ou dans La France européenne.

Les 26 et 27 juin 1940, après la défaite et au terme de l’exode qui a conduit L’Illustration de Paris à Tours puis à Bordeaux, il accompagne René Baschet à Paris. Il s’agit de faire le point sur une éventuelle reprise de la publication de L’Illustration dans la capitale occupée. Il en donnera un récit dans le n° 5080 (édition de Clermont-Ferrand, Bordeaux, 13/20 juillet), sous le titre Une visite dans la zone occupée : « Voilà Paris sous l’occupation allemande, tel que j’ai aperçu son extraordinaire visage, le 27 juin 1940 ». Il y décrit notamment une armée d’occupation tout à fait « correcte ». L’exposition sur la franc maçonnerie, au Petit Palais, en décembre 1940, organisée par Jean Marquès-Rivière et Jacques de Lesdain, lui permet de préciser sa pensée : « La dissolution de la franc-maçonnerie, écrit-il dans le numéro du 12 octobre 1940, n’a pas été une œuvre de vengeance partisane mais une mesure nécessaire de salubrité publique contre la plus néfaste ingérence de l’étranger dans notre vie nationale ». Pendant près de deux ans, il cohabite avec Jacques de Lesdain, promu rédacteur politique, ajoutant progressivement d’autres thèmes à ses articles : la lutte contre le communisme, l’antisémitisme. Sous le pseudonyme de Robert Lambel, il traite régulièrement des évènements liés à la guerre ("La guerre sur tous les fronts"), sans pour autant dédaigner la chronique théâtrale. Son ultime article dans L’Illustration est daté du 4 avril 1942. Il traite de "L’Amérique latine devant la guerre mondiale".

Au printemps 1942, il quitte la rue Saint-Georges pour devenir chef du service politique du quotidien Le Matin dont il rédige de nombreux éditoriaux. Des motivations financières semblent avoir été à l’origine de ce départ, « car ses gains (150.000 francs par an) ne lui suffisent plus », note Jean-Noël Marchandiau. La soixantaine atteinte, le journaliste semble préférer des relations amoureuses avec des jeunes femmes plutôt que d’opter pour une vie familiale paisible, ce qui expliquerait ses gros besoins en argent. C’est, du moins, ce que relèvera le Commissaire du gouvernement, lors de son procès en novembre 1945. Robert de Beauplan représente Le Matin au congrès d’Inter-France en 1942. Il collabore à diverses revues comme L’Union française, Notre Combat, La France européenne, Aspects, où il peut croiser son fondateur et ex-confrère de L’Illustration, Jacques de Lesdain, ainsi que Stéphane Lauzanne, Georges Oltramare, Georges Suarez ou Jean Loustau.

Robert de Beauplan est aussi éditorialiste à Radio Paris, à partir de 1943, ce qui lui vaut d’y prononcer trois éditoriaux chaque semaine. Au fil de ceux-ci, il salue de départ des volontaires français pour le Front de l’est, car « ils savent que le bolchévisme est le pire ennemi de notre civilisation millénaire », les comparant même aux « preux du Moyen-âge qui défendaient la chrétienté ». Selon lui, démocratie et communisme « sont saturés de juiverie (et) la clique gouvernementale qui gravite autour de Staline est pour 90% composée d’hébreux. Churchill est sous l’influence de la haute finance judéo anglo-saxonne et l’entourage de Roosevelt est presque entièrement israélite ». Avec ces propos publiés dans La France européenne en mars 1942, on est bien loin des considérations développées dans Le drame juif, avant guerre. Dans le même journal, en juin 1942, il en appelle ainsi, « après s’être débarrassé de ces hommes funestes », à « maintenir définitivement les juifs hors de notre communauté nationale. Plus ils voudront y rentrer, plus nous devons nous montrer inflexible par un antisémitisme qui est notre unique arme de défense ».

Quant au sort des juifs, il ne peut résider que dans une solution d’ensemble que résume Robert de Beauplan par « la concentration des juifs du monde entier sur un territoire particulier » (Simon Epstein, ouvrage cité). Un tel retournement par rapport à ses positions d’avant guerre lui vaudra quelques sarcasmes de Jean-Hérold-Paquis, chroniqueur à Radio Paris, qui le décrit ainsi dans son livre posthume, Des illusions, déillusions : « Il a été au radio journal de Paris un éditorialiste affirmatif, qui se produisait au micro, trois fois par semaine. Il a été aussi, mais avant la guerre un anti-nazi convaincu. C’est assez dire que Robert de Beauplan n’ignorait rien des subtilités et des souplesses de la politique. Il a entendu le vieil appel de l’évêque : « Brûle ce que tu as adoré. Adore ce que tu as brûlé. On avait donc fait confiance à Robert de Beauplan. On n’a pas eu tort ». Dans le même ouvrage d’autojustification, Jean Hérold-Paquis ajoute : « Nous étions au Radio Journal quelques jeunes gens dont la tête était chaude, le tempérament ardent et qui, n’ayant rien à nous faire pardonner d’un passé d’idées gênantes, n’ayant aucun intérêt à ménager, aucune compromission à défendre, bousculaient volontiers les données officielles du problème franco-allemand. Robert de Beauplan a été la soupape de sûreté de la machine du Radio Journal. On ne peut que lui savoir gré d’avoir joué ce rôle délicat et difficile », conclut-il.

A la libération, contrairement à Jacques de Lesdain qui a fui Paris dès le 10 août 1944, pour trouver ensuite refuge à Sigmaringen, il choisit de rester en France. Après avoir quitté la capitale le 18 août, il se cache dans la Sarthe chez un gendarme. Il parvient à y vivre sous une fausse identité jusqu’au 29 juin 1945, date à laquelle il est arrêté. Jugé les 26 et 27 novembre 1945, il est condamné à mort. Sa ligne de défense (« Il y avait devant nous l’hitlérisme, avec lequel je pensais que nous étions obligés de composer ») n’a pas convaincu les jurés. Devant le tribunal, il cherchera toutefois à minimiser sa latitude d’action en se présentant comme « un agent d’exécution qui fait de la copie qu’on insère entre les gravures. Je les faisais dans l’esprit de L’Illustration et (…) lorsqu’il y avait un mot, une phrase, quelque chose qui pouvait déplaire dans un de mes articles, à L’Illustration on me demandait de le corriger, ce que j’ai toujours fait avec la meilleure volonté. Les trois quarts du temps, on ne me le demandait même pas. Pour gagner du temps, la correction était faite par le secrétaire de rédaction, le rédacteur en chef. Je m’en apercevais lorsque les articles avaient paru et j’ai en cela toujours été le collaborateur le plus docile. J’en avais l’habitude depuis vingt ans ».
Au passage, il cherche à accabler Louis Baschet, affirmant avoir reçu directement de lui les thèmes de ses articles. Robert de Beauplan sera toutefois grâcié le 23 février 1946 et sa peine commuée en réclusion perpétuelle: « L’odieux Robert de Beauplan ne sera pas fusillé. Sa fille était à Londres, elle a sauvé sa tête », écrit le polémiste Jean Galtier-Boissière dans son Journal dans la drôle de paix. En fait, elle avait rejoint les Forces françaises libres où elle est devenue sergent. Au procès, elle affirmera que son père, parfaitement au courant de sa situation, n’avait rien fait pour l’en dissuader. Robert de Beauplan purge sa peine à Poissy puis à Saint-Martin-de-Ré, aux côtés de Stéphane Lauzanne du Matin, de l’écrivain et polémiste Henri Béraud de l’hebdomadaire Gringoire, ou de Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale nommé par l’Occupant.

Robert de Beauplan est décédé à Versailles le 22 décembre 1951, à l’âge de 69 ans.

BERR Emile (1855-1923)

Emile Berr, né en 1855, commence sa carrière journalistique au Figaro en 1888, mêlant « curiosité étendue, verve discrète et écriture limpide ». Il est l’auteur de grandes enquêtes qui déboucheront sur la publication de plusieurs ouvrages : Au pays des nuits blanches, Chez les autres, Notes de voyages (1902).

Pendant deux années, il publie régulièrement, à la manière de Courrier de Paris, les pages hebdomadaires du Journal de Sonia : « Emile Berr fut pour L’Illustration un précieux collaborateur que nul, dans notre maison n’oubliera. Moraliste d’une expression pleine de tact et riche en nuances, il avait publié un délicieux recueil de notes, d’une psychologie ingénieuse, sur nos menus états d’âme dans la vie courante : «Les petites choses qui font plaisir, essai de micro psychologie (1913) », rappelle L’Illustration (13 octobre 1923) en lui rendant hommage.
Son Journal de Sonia donne lieu à plusieurs livres, dont Les petits cahiers d’une étrangère, Sonia et ses amis (1913), Notes sur Paris (1904).

Pendant la guerre de 1914-1918, il se consacre aux œuvres de guerre. Son ultime livre publié est L’invisible ami(1919).

Emile Berr est décédé en septembre 1923.

BERTHELOT Charles. Actif : 1942-1943

Collaborateur occasionnel à L’Illustration, Charles Berthelot est présenté comme « ingénieur conseil ». Il rédige quelques articles techniques sous l’Occupation : "L’organisation de l’avenir de la tourbière française" (8 août 1942) et "La station d’épuration d’Achères" (18 septembre 1943). Il publie une série d’ouvrages techniques, dont Épuration, séchage, agglomération et broyage du charbon (1938) L’orientation de l’industrie gazière en France (1939), Schistes bitumineux, asphaltes, pétrole (1942).

Dates de naissance et de décès non connues.


BERTON Pierre (06/03/1842-1912). Actif : 1893

Homme de lettres et auteur dramatique, Pierre François Samuel Berton est né à Paris. Son père était artiste dramatique, ce qui explique son attrait pour le théâtre. Il est professeur de lecture à l’école normale des instituteurs et institutrices de Paris pendant dix ans. Il est également comédien, débutant en 1859 au Gymnase, et il y a fait jouer ses pièces ainsi qu’à l’Odéon, au théâtre de la Porte Saint-Martin et à la Comédie française. On lui doit des pièces comme Les jurons de Cadillac (1865), La veste de ma femme (1867), Zaza(1898), La belle Marseillaise (1905) et des Souvenirs de la vie de théâtre. Il collabore à différents journaux : Le Figaro, Gil Blas, Le Matin, La Revue Bleue et L’Illustration. Dans cette dernière, il publie un long article sur "Les Pascal" (22 avril et 13 mai 1893).

Pierre Berton est décédé en 1912.


BLONDEL Raoul (13/03/1864-1944). Actif : 1942

Né à Paris, Raoul Blondel est à l’origine docteur en médecine, après avoir soutenu sa thèse en 1889. Il est aussi chroniqueur médical et rédacteur de journaux médicaux. En même temps, c’est un mélomane qui est critique musical à L'œuvre et à L'écho de Paris.

Sous le pseudonyme de Raoul Brunel, il compose ses propres œuvres et fait représenter à l'Opéra de Paris sa Tentation de saint Antoine (1930). Le théâtre du Châtelet avait accueilli auparavant sa Vision de Dante (1910). Il est aussi à l’affiche du théâtre de Monte-Carlo.

Collaborateur occasionnel de L’Illustration, il publie un très long article de trois pages, "Vers la fin du monde vivant" (18 juillet 1942) : « Un jour viendra où notre globe ne sera plus alors qu’un énorme caillou, refroidi, bourré de vains fossiles, cimetière ambulant, continuant de décrire son orbite éternelle au milieu du « silence des espaces infinis ».

Raoul Blondel est décédé en juillet 1944.

BOISSY Gabriel (26/02/1879-23/09/1949). Actif : 1943

Collaborateur occasionnel à L’Illustration, Gabriel Boissy, né à Le Lonzac (Corrèze) a suivi les cours de La Sorbonne, du Collège de France et de L’Ecole du Louvre. Il a participé à la fondation de différents théâtres (Champigny, Toulouse, Carcassonne), avant de diriger la revue théâtrale L’Album comique et d’assurer la critique dramatique des théâtres subventionnés dans le quotidien L’Excelsior et dans Comoedia, avant 1914. Après avoir participé à la Première Guerre mondiale, il entre à L’Intransigeant, dont il devient chef des informations. C’est lui qui lance l’idée de la Flamme et du culte au soldat inconnu. De 1925 à 1938, il est rédacteur en chef de la revue théâtrale Comoedia.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’amour dans la poésie française (1911), Le Journal historique de Charles Collé (1912), De Sophocle à Mistral (1920), L’art de gouverner selon les rois de France (1935). Dans L’Illustration, il publie deux articles en 1943 : "Castel del Monte ou le château de Parsifal" (9 octobre) et "Les cascades de Terni" (6 novembre).

Gabriel Boissy est décédé en 1949.

BONHOURE Eugène. Actif : 1890

Eugène Bonhoure publie des articles dans L’Illustration au début des années 1890. Il est l’auteur de Comment on doit faire l’éducation politique du pays (1871) et de L’Indochine (1890). Dates de naissance et de décès non connues.



BONNETAIN Paul (1858-1899). Actif : 1880-1889

Paul Bonnetain, né à Nîmes est un écrivain maritime et colonial, en même temps que dramaturge et journaliste au Figaro et à la Revue indépendante. Il est par ailleurs directeur des affaires indigènes au Soudan (1894-1895), puis commissaire du gouvernement au Laos (1896-1899).

Son nom apparaît régulièrement dans les colonnes de L’Illustration, avec des articles sur des sujets très divers, dans les années 1880-1890. On lui doit une série de romans, publiés avant 1890, et des ouvrages dans lesquels il évoque son expérience des colonies : Au Tonkin (2 volumes, 1892), Dans la brousse : sensations du Soudan (1895).
Son épouse, Raymonde Bonnetain publie en 1894 Une française au Soudan: sur la route de Tombouctou, du Sénégal au Niger.

Il est décédé le 15 mars 1899 au Laos.

BORREL Antoine (22/11/1878-08/03/1961). Actif : 1942

Antoine Borrel, né à Moûtiers (Savoie) est un journaliste et homme politique. Il est député puis sénateur de la Savoie (1909-1944) et sous-secrétaire d'État aux travaux publics, chargé des mines et des forces hydrauliques (1920-1921). En tant que journaliste, il donne des articles à La petite République, Gil Blas, L'Éclaireur, ainsi qu’à L'Avenir savoyard, dont il est le fondateur et le directeur. Il est président du Comité de tourisme en montagne, de la Fédération des syndicats d'initiative et de la Fédération des sociétés savoyardes.
Antoine Borrel publie quelques ouvrages : La lutte contre le chômage, avant, pendant et après la guerre (1917) et Excursions en Savoie, Haute-Savoie, Dauphiné, Suisse, à partir d’Aix-les-Bains (1955).

C’est en tant que président du Comité consultatif du tourisme, qu’il publie un article dans L’Illustration du 29 août 1942 sur "L’urbanisme au village". Il y évoque les projets d’extension de Val-d’Isère : « Les premiers résultats du développement de Val d’Isère comme station de sports d’hiver se manifestent par un arrêt net de la dépopulation des villages, écrit-il. Ensuite, le taux de mortalité a diminué depuis que l’hygiène n’est plus chose inconnue dans cette localité. Enfin, il suffit de visiter les intérieurs paysans, pour s’apercevoir que le bien être pénètre partout. Cet exemple mérite d’être suivi et les urbanistes doivent s’atteler à l’amélioration de bien d’autres villages de France appelés à devenir des stations de tourisme. Il est évident que les sports d’hiver facilitent par les ressources qu’ils créent, la réalisation des projets dont dépend l’avenir de nos communes ».

Antoine Borrel est décédé à Paris.

BOUCHARD Henri (13/12/1875-30/11/1960) Actif : 1942

Louis-Henry Bouchard est né à Dijon, où son père était menuisier. Après avoir suivi des cours de modelage à l'école des Beaux-Arts de Dijon, il entre aux Beaux-Arts de Paris en 1895, grâce à l’attribution d’une bourse. En 1901, il obtient le Premier Grand Prix de Rome pour son bas-relief "Oedipe chassé de Thèbes quitte la ville guidée par Antigone". C’est le début d’une carrière marquée par le succès, avec de nombreuses commandes officielles. Son œuvre est aussi variée qu’abondante, avec des oeuvres réalistes ("Le Piocheur bourguignon", "le Vendangeur", "le Forgeron", "le Moissonneur", "le Faucheur"), des oeuvres inspirées du Moyen-âge ou de l'époque ducale ("Nicolas Rolin et Guigone de Salins", à l’Hôtel-Dieu de Beaune, "Philippe le Bon", "Jeanne d'Arc") et des monuments comme "L’Apollon et les Muses" réalisé en 1937, lors de l’Exposition universelle pour orner la porte d'entrée du Palais Chaillot. Bouchard est également graveur et professeur à l'académie Jullian de 1912 à 1927, puis aux Beaux-Arts de Paris, à partir de 1928. Elu membre de l’Institut en 1933, il devient président de l’Académie des Beaux-Arts en 1936 et président des artistes français en 1941.

Dans L’Illustration,il publie un article sur "La vie de l’artiste dans l’Allemagne actuelle" (7 février 1942), dans lequel il écrit : « Le gouvernement allemand conviait récemment à un voyage d’études dans quelques grandes villes d’art en Allemagne un groupe d’artistes de chez nous. Je me trouvais parmi eux et depuis mon retour, j’ai été interrogé par des camarades sur les conditions de vie des artistes allemands (…). Alors j’ai dit ce que j’ai vu : la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes qui semblent être là les enfants chéris de la nation ». Il conclut ainsi son article : « Et c’est ainsi qu’un grand pays, estimant la valeur et l’effort de la création artistique, comprenant sa nécessité dans les fastes de son histoire, met sur un piédestal l’artiste, son savoir, son bonheur, sa culture intellectuelle, ses œuvres et la dignité de sa vie ».

Henri Bouchard est décédé à Paris.

BOUCHE Henri. Actif : 1925-1939

Henri Bouché, est élève à l’Ecole normale supérieure avant de poursuivre ses étude à l’université. Il entre dans l’aviation de guerre en 1915, avec les grades de lieutenant puis de capitaine aviateur. De 1915 à 1918, il occupe des postes importants dans l’aviation d’observation et de reconnaissance. Il collabore régulièrement à L’Illustration, à partir de 1925, tout en publiant depuis 1919 la revue mensuelle illustrée L’Aéronautique, « organe français de l’aéronautique mondiale » avec le soutien des éditions Gauthier-Villars. Il en est à la fois directeur et rédacteur en chef.

Outre des articles ponctuels sur l’aviation, Henri Bouché participe régulièrement aux numéros spéciaux de L’Illustration consacrés à l’aéronautique, avec les fameuses couvertures dessinées par Géo Ham. C’est tout naturellement vers lui que les éditions de L’Illustration se tournent en 1932 pour réaliser L’Histoire de l’aéronautique qu’il rédige en compagnie de Charles Dollfuss. Dans l’introduction, l’éditeur écrit à son propos : « M. Henri Bouché doit peut être à sa formation universitaire et normalienne une part de l’objectivité avec laquelle il n’a cessé de renseigner l’opinion sur les réalités de la navigation aérienne ».

Dates de naissance et de décès non connues.

BONNEFONT Gaston (18/12/1851-1914) Actif : 1891-1892

Gaston Bonnefont, né à Lacapaelle-Biron (Lot-et-Garonne) est un journaliste, polygraphe, auteur d'ouvrages de vulgarisation, mais aussi d’essais, de romans et de recueils de poésie. Il est rédacteur en chef du Calvados et collabore à L’Illustration dans les années 1890 ("Le livre d’étrennes", 3 janvier 1891, "Les livres de prix", 28 juillet 1892). Parmi les nombreux livres qu’il publie, on peut citer : La Comédie Française : historique, statuts, biographies, notes et renseignements(1884), Deux Petits Touristes en Algérie (1888), Voyage en zigzags de deux jeunes Français en France (1891), L’art dans la famille (1911).

Il serait décédé en 1914.


BOSCH Georges du Actif : 1893

Georges du Bosch est un auteur dramatique, d’origine belge, auquel on doit plusieurs comédies : Chien et chat (1867), Trop de lanternes (1868), La chasse au poulet (1871), Par devant notaire (1874). Il a collaboré à L’Illustration dans les années 1890 avec des articles tels que "Une vente au jardin zoologique d’Anvers" (16 septembre 1893).

Dates de naissance et de décès non connues.


BOURDET-PLEVILLE Michel. Actif : 1942

Collaborateur occasionnel de L’Illustration, il signe le 7 février 1942 un article intitulé "Qu’est-ce que la Comédie Française ?" Il est accompagné d’une suite de treize dessins couleurs montrant la fine fleur des sociétaires de l’époque (Gisèle Casadessus, André Brunot, Pierre Bertin, Madeleine Renaud, Mary Marquet, Jean Debucourt, Maurice Escande, Jean-Louis Barrault, Renée Faure). Michel Bourdet-Pléville publie plusieurs ouvrages : Le drame de la Méduse (1951), Surcouf, sa vie (1952), Tel fut Nelson (1953).

Dates de naissance et de décès non connues.


BOVET Marie-Anne de (née le 12/02/1855) Active : 1889-1894

Marie-Anne de Bovet, épouse du marquis Guy de Bois-Hébert, est l’auteure de nombreux romans, chroniques et récits de voyages. Elle est aussi critique littéraire et on lui doit des traductions d’ouvrages anglais. Elle écrit dans L’Illustration durant les années 1889-1895. C’est ainsi qu’elle évoque "Les mariages anglais" (26 avril 1890) et "Le dimanche à Londres" (24 mai 1890). La politique peut retenir son attention, avec une série d’articles sur "Les élections générales en Angleterre" (23 juillet 1892). Elle s’intéresse aussi à "L’Italie avec Rome, capitale", "La vie à Rome" et "La messe du pape", articles publiés en 1891.
Date de décès non connue.

BRACHET Marc. Actif : 1942

Collaborateur occasionnel de L’Illustration, il est l’auteur de La cathédrale ressuscitée (3 décembre 1942), évoquant la restauration par Frédéric Fabrègue de la cathédrale de Maguelon, près de Montpellier.

Dates de naissance et de décès non connues.


BRIQUET Georges (1898-1968) Actif : 1942

Georges Briquet, né le 5 février 1898 à Limoges, est un journaliste sportif français, « roi des radio-reporters », dans les années 1930-1950, qui a formé toute une génération de journalistes sportifs de la radio et de la télévision.
Adepte du sport dans sa jeunesse, il exerce divers métiers, avant d’entrer à Radio Paris au début des années 1930, via la publicité et la rédaction de textes publicitaires et sportifs, tout en étant pigiste dans la presse écrite, notamment au Miroir des Sports.
Il réalise son tout premier reportage en 1931, lors de la course cycliste Paris - Limoges. En 1932, il rejoint Le Poste Parisien, l’une des plus importantes stations de radio de l’époque. Il y commentera les Six jours du Vélodrome d’hiver, avant de suivre le Tour de France. Ses commentaires et ses articles dans Le Miroir des Sports ne se limitent pas au cyclisme, puisque Georges Briquet commente aussi par la plume et par la voix le football et le tennis.
Au-delà du sport, il est sollicité pour les tirages de la Loterie nationale et il est à l’origine des toutes premières émissions de radio crochet, destinées à débusquer des chanteurs amateurs de talent. C’est notamment L’heure des amateurs qui fera connaître le comédien Bourvil.
Par son style, mêlant description de l’épreuve et des lieux traversés par le Tour de France et par son débit qui traduit le rythme des courses et des compétitions, il est sans doute à l’origine du reportage sportif moderne. De quoi reléguer définitivement les commentaires compassés et emphatiques qui avaient cours auparavant.

Sous l’Occupation, il refuse de travailler pour Radio Paris (« Radio Paris ment, radio Paris est allemand »), il rejoint la Radiodiffusion nationale, à Vichy dans un premier temps. Revenu à Paris, il y reprend ses activités antérieures, entre reportages sportifs, variétés et tirages de la loterie.
Dans L’Illustration du 8 août 1942, il publie un article, "Le collège national de moniteurs d’athlètes d’Antibes", illustré de trois peintures d’Albert Brenet : « Voilà ce qu’est le collège national d’Antibes : non pas une usine à fabriquer des champions, comme certains l’ont cru, mais un creuset dans lequel se forgent les maîtres de la jeunesse de demain. Organisation d’un importance considérable, car d’elle dépend l’orientation physique et morale de la jeunesse de toute une génération ».
Surveillé par la police allemande qui le soupçonne d'activités suspectes depuis 1943, Georges Briquet sera arrêté et déporté à Dachau le 10 juin 1944. De cette expérience terrible, il témoignera dans Rescapé de l'enfer nazi.

De retour en France, il devient en 1945 chef du service des sports de la radio nationale (R.D.F. puis R.T.F. à partir de 1949). Il y anime Sport et musique, une émission de quatre heures qui, chaque dimanche après-midi, rend compte en direct des principaux événements sportifs. Les grandes voix de la télévision des années 1960, comme Roger Couderc, Robert Chapatte ou Thierry Roland, font leurs premières armes à ses côtés.
Georges Briquet restera à la direction des sports jusqu'à sa retraite en 1964. Il a également écrit plusieurs ouvrages sportifs comme Football d'aujourd'hui et de demain (1960) et Ici, 60 ans de tour de France (1962). Il a fait quelques apparitions dans des films : Les Cinq sous de Lavarède (1939), Au fil des ondes (1950) et Le Boulanger de Valorgue (1952).

Georges Briquet est décédé le 8 février 1968.

BRISSON Adolphe (17/04/1860-28/08/1925) Actif : 1891

Adolphe Brisson, né à Paris, épouse Madeleine Sarcey, fille de Francisque Sarcey (voir ce nom) qui a, lui aussi, collaboré à L’Illustration. Il est critique dramatique au journal Le Temps, de 1903 à 1922, comme son beau-père, et il y rédigé des portraits de célébrités de l’époque sous le titre "Promenades et visites".

Après en avoir été rédacteur en chef à partir de 1895, il dirige les Annales politiques et littéraires, fondées par son père, Jules Brisson. Sa collaboration à L’Illustration s’étale dans les années 1890-1900, avec un premier article intitulé "Les petites manies de Meyerbeer", publié le 11 novembre 1891. En 1893, il se penche sur "La Comédie française à Londres" (24 juin). En même temps, il donne aussi des articles à La Revue illustrée de Ludovic et René Baschet, le futur directeur de L’Illustration, avec lequel il était très lié.

Adolphe Brisson est président de l’association de la critique dramatique et l’Académie française lui a décerné ses prix Jouy et Archon Desperouse. Il écrit de nombreux ouvrages : Le livre des Sarcey (1900), Le théâtre et les mœurs, Nos humoristes, La comédie littéraire.

Adolphe Brisson est décédé à Paris. Son fils, Pierre Brisson (1896-1964), est lui aussi un critique dramatique influent au journal Le Temps. Il est secrétaire de rédaction aux Annales politiques et littéraires de 1919 à 1934 avant de devenir directeur littéraire puis directeur de rédaction au journal Le Figaro, de 1934 à 1942. Ayant obtenu en son nom l'autorisation de faire reparaître le quotidien, il est devient directeur du Figaro de 1944 à 1964.

BRUNEAU DE LABORIE Louis (1871-1930)

Louis Bruneau de Laborie, né en 1871, est un grand sportif, amateur d’épée, un explorateur doublé d’un chasseur, une passion qui lui aura été fatale. En tant qu’escrimeur de grande classe, il affronte quelques-unes des meilleures lames d’avant-guerre, comme Pini ou Kirshoffer. Il en tire un livre, Lois du duel, sorte de code des affaires d’honneur.

Pendant la Grande guerre, il s’engage et sa brillante conduite dans les tanks lui vaut citations et médaille militaire. La paix signée, afin d’assouvir son goût pour l’exploration et la chasse, il s’installe en Afrique. Des ses pérégrinations dans les grandes régions désertiques, il rapporte pour L’Illustration des articles ("Une semaine de navigation sur le Tchad", "La mission transafricaine, de l’Algérie au Gabon"), publiés pendant les années 1920.

Il est aussi l’auteur de plusieurs livres dont Chasses en Afrique, carnets de route paru en 1929. En reconnaissance des services rendus, la Société de géographie lui attribuera sa grande médaille d’or. Il est également Inspecteur général des chasses en Afrique orientale et membre du conseil supérieur des colonies. Blessé fin juin 1930 par le coup de griffe d’un lion, au cours d’une partie de chasse dans l’Oubangui-Chari, il est amputé du bras, quelques jours avant de décéder en juillet 1930 à Bangui.

BURTY Philippe (06/02/1830-03/06/1890) Actif : 1885

Spécialiste de l’art, né en 1830, Philippe Burty est un critique d’art et collectionneur qui collabore à L’Illustration dans les années 1880. Il écrit des articles d’histoire et de critique artistique dans la Gazette des Beaux-Arts. On lui doit plusieurs ouvrages parmi lesquels : Les chefs d’œuvres des arts industriels (1867), Maîtres et petits maîtres (1877), Lettres à Eugène Delacroix (1815-1863) (1878), Bernard Palissy (1886). Il contribue à la vogue du japonisme en France et à la renaissance de l'eau-forte.

Philippe Burty est décédé le 3 juin 1890.


BUTLER Comte R. de. Actif : 1890

Collaborateur occasionnel de L’Illustration, le comte R. de Butler publie un article intitulé "En Casamance", dans les numéros des 6 et 13 septembre 1890.

Dates de naissance et de décès non connues.

BEX Maurice. Actif : 1942

Maurice Bex, spécialiste du théâtre, de la musique et de l’opéra, publie plusieurs monographies consacrées à Camille Saint-Saens (1921), Gabriel Fauré (1924) et Manet (1948). Il est aussi l’auteur de Contribution à l’histoire du salaire au Théâtre de France, de 1658 à la fin de l’Ancien régime (1913). Collaborateur occasionnel de L’Illustration, on lui doit un article publié le 19 décembre 1942, "A l’Opéra : échos d’autrefois, images d’aujourd’hui", illustré de 16 aquarelles en couleur de Raymond Brenot.

Dates de naissance et de décès non connues.

Jean Paul Perrin