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La plus vivante des encyclopédies universelles


I


ICHAC Pierre (1901-1978) Actif : 1935-1939

Pierre Ichac passe son enfance à Rueil-malmaison. Il est un grand reporter-photographe et un cinéaste, tout en menant une carrière d’explorateur et d’ethnologue, avec une prédilection pour l’Afrique. Il est le fils d’un journaliste financier, Eugène Ichac, et le frère de Marcel Ichac, cinéaste spécialisé dans les images de montagne. Ingénieur agronome de formation, il travaille en 1922 dans l’industrie du sucre en Egypte. C’est pour lui l’occasion de découvrir l’Afrique et l’archéologie. Sa vie prend alors un nouveau tour, avec la réalisation de plusieurs films scientifiques sur l’Égypte, le Moyen-Orient, le Hoggar. Sa fréquentation des peuples Touaregs, avec deux séjours de six mois, débouche sur un premier reportage publié en 1930 dans le magazine Vu où travaille déjà son frère. Peu à peu, le public se familiarise avec son nom. Deux ans plus tard, il assiste le réalisateur allemand Georg Wilhelm Pabst qui tourne L'Atlantide, tiré du roman éponyme de Pierre Benoit et dont les scènes ont pour cadre naturel le désert du Hoggar. En 1934-1935, Pierre Ichac participe à plusieurs expéditions en Afrique équatoriale française, retournant au Hoggar. Il accompagne en tant que cinéaste et photographe l’expédition alpine française conduite par le capitaine Raymond Coche et dans laquelle figure une autre futur écrivain de la montagne, Roger Frison-Roche, l’auteur de premier de cordée. Il participe à la découverte de sites rupestres du Hoggar.

Entre 1935 et 1939, Pierre Ichac est intégré dans l’équipe des grands reporters de L'Illustration, ce qui ne l’empêche pas de collaborer à Paris Match que vient de lancer l’industriel Jean Prouvost. Il effectue des reportages sur la guerre d’Éthiopie (1935-1936), sur le Levant (Palestine, Syrie, Irak), sur la guerre civile espagnole (1936), retournant en Afrique centrale (1937), avant de gagner l’Extrême-Orient (1938). A cette occasion, il participe au film de Pabst, Le Drame de Shanghaï.
Guerre italo-ethiopienne : guerriers abyssins, en 1935
Guerre italo-ethiopienne : guerriers abyssins, en 1935

Guerre italo-ethiopienne : armée d'Erythrée, 1935
Guerre italo-ethiopienne : armée d'Erythrée, 1935
Il accompagne le journaliste Robert Chenevier qui visite le Reich en novembre – décembre 1936, pour y réaliser un reportage sur « L’Allemagne nouvelle : quatre années de national-socialisme ». A partir du 23 janvier 1937, la série d’articles est déclinée sur cinq numéros consécutifs, Pierre Ichac se chargeant de la rédaction de l’avant-dernier article. Au printemps 1939, L’Illustration lui confie une importante enquête sur le thème « A travers l’Europe troublée », dont la publication s’échelonnera sur 7 numéros, du 8 avril au 20 mai 1939. A la déclaration de guerre, en septembre 1939, Pierre Ichac réalise également un reportage sur les premières lignes aériennes françaises en Afrique.

Pendant la drôle de guerre, Pierre Ichac est correspondant de guerre en France. La paix revenue, il participe avec l’abbé Breuil aux premières visites de la grotte de Lascaux et il réalise le tout premier reportage photographique sur le site préhistorique. Au total, entre 1940 et 1941, Pierre Ichac aura publié 72 photos dans L’Illustration.

Premier reportage photographique sur le site préhistorique de Lascaux, 1940
Premier reportage photographique sur le site préhistorique de Lascaux, 1940

I
Entre 1942 et 1945, Pierre Ichac devient correspondant de guerre de la 1ère armée française du général de Lattre de Tassigny. Il couvre les campagnes de Tunisie, de Corse, d’Italie avec les combats de Monte Cassino, ainsi qu’au débarquement de Provence, avant de participer aux combats du Jura, des Vosges et d’Alsace-Lorraine. De cette époque de sa vie, il tirera un livre, Nous marchions vers la France publié en 1954.

Après la Seconde Guerre mondiale, son attention se porte davantage vers l’Afrique noire. En 1946, en tant que grand reporter à la RTF, il réalise une émission de radio dédiée à l’Afrique, sous le titre de Magazine de la France d’outre-mer. Elle deviendra ensuite L’Afrique et le monde et sera sur les ondes jusqu’en 1964. A l’occasion des 80 ans du docteur Albert Schweitzer, ses auditeurs pourront ainsi entendre un reportage en direct de l’hôpital de Lambaréné au Gabon. Cette activité radiophonique est couronnée en 1958 par le prix Maurice Bourdet du reportage radiophonique et en 1961 par le prix Pierre Mille, décerné par le Syndicat de la presse française pour l’ensemble de ses reportages. Pierre Ichac qui est membre de l’Académie des sciences d'outre-mer depuis 1969, ainsi que de la Société des africanistes, de la Société française d'égyptologie et du Club des explorateurs. Il est un des cofondateurs, en 1952, du Comité du film ethnographique et, en 1969, de l’association des journalistes écrivains pour la nature et l'écologie (JNE), à l’origine de la candidature de l’écologiste René Dumont, à l’élection présidentielle de 1974.

Jean Paul Perrin