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La plus vivante des encyclopédies universelles


1907-1910

Entre juin 1907 et juillet 1944, L’Illustration a publié des centaines de photos en couleur, principalement des autochromes. On trouve aussi quelques photos réalisées, notamment après 1930, selon d’autres procédés. Dans cet article, figure la liste quasi exhaustive de ces documents. Elle a été établie en compulsant l’ensemble de la collection, hormis les pages publicitaires, qui peuvent, elles aussi, renfermer quelques photos en couleurs.


On trouvera donc ci-dessous, classés année par année :

La date et le n° de L’Illustration.
Le titre de l’article, avec éventuellement, le nom de l’auteur, les pages concernées.
Le nombre de photos reproduites en couleur.
La légende figurant au dessous de chaque photo.
Le nom du photographe, lorsqu’il est indiqué dans la revue.
Le procédé utilisé(Autochrome, procédé Finlay, Kodachrome…)

Pour certains documents, figurent parfois quelques extraits de l’article accompagnant les photos, dès lors qu’il contient quelques informations techniques, sur le procédé utilisé ou sur la méthode de prise de vue.

1907

15 Juin 1907 (n° 3.355)

La photographie des couleurs à « L'Illustration » pp. 387-389. Article de Léon Gimpel .Planches hors-texte : Les grains de fécule de la plaque autochrome, vus au microscope – La photographie du drapeau français – microphotographies prises dans chacune des bandes du drapeau. Photos Léon Gimpel (Autochromes).

La photographie en couleurs (hors texte) : place de la République, le 1er mai – Villefranche-sur-mer. Photographe non identifié (Autochromes).

« L’année 1907 marquera une époque dans les annales photographiques, et en même temps dans l’évolution du journalisme illustré. Ce furent d’abord, en février, les retentissantes expériences du professeur Korn, démontrant la possibilité de faire voyager les images photographiques sur les fils du télégraphe. Si nous rappelons ici le concours que L’Illustration prêta à ces expériences, c’est pour annoncer en même temps à nos lecteurs que la téléphotographie tiendra bientôt toutes ses promesses. En attendant, voici une autre découverte, non moins sensationnelle et susceptible celle-là, d’applications immédiates : la photographie des couleurs. Cette fois encore, L’Illustration a tenu honneur de patronner une invention dont ses abonnés, ses lecteurs seront les premiers à bénéficier : dans le même local, transformé en salle de conférence qui avait vu, le 1er février dernier, ce qu’on a appelé le « miracle du professeur Korn », s’est réalisée pour la première fois, en public, dans la soirée du lundi 10 juin, « le miracle de MM. Lumière ».
Depuis longtemps, on savait que les deux savants lyonnais, MM. Auguste et Louis Lumière, les fabricants de plaques universellement connus, tenaient la solution du problème de la photographie des couleurs. Lundi, les 600 invités de L’Illustration (…) ont eu la primeur de ce spectacle admirable : toute la nature vivante, sous ses aspects les plus variés, reproduite et fixée avec la magie et l’harmonie de ses couleurs sur une petite plaque de verre. Et après avoir entendu la conférence et vu les projections de M. Auguste Lumière, tous les photographes amateurs que comptait l’assistance ont emporté la certitude de pouvoir, dès le lendemain, avec le même appareil qu’ils possédaient déjà et qui ne leur avait donné encore que des clichés noir et blanc, obtenir eux-mêmes, presque aussi facilement, ces nouveaux clichés prestigieusement colorés. Un de nos collaborateurs, M. Léon Gimpel, opérateur habile, avait été, depuis quelque temps déjà, initié par M. Lumière aux résultats de leurs travaux.
Dès ses premiers essais, il s’est appliqué à exécuter des clichés présentant un véritable intérêt pour un journal illustré d’actualités. C’est ainsi que le 1er mai, il photographiait, sur la place de la République, le groupe de fantassins que reproduit une de nos planches hors texte. Et parmi les projections qu’on a remarquées lundi, à notre soirée, figuraient : une vue de la réception à l’hôtel de ville des souverains de Norvège, le 20 mai, et plusieurs clichés de la fête des fleurs de vendredi dernier. C’est à ce photographe des couleurs de la première heure que nous avons demandé l’exposé qui va suivre ».

Plan de l’article de Léon Gimpel, publié in- extenso dans L’Illustration du 15 juin 1907 :
- Les premières recherches.
- Les trois couleurs.
- Les expériences de M. Gabriel Lippmann.
- Les travaux de MM. Auguste et Louis Lumière.
- Les plaques autochromes.
- Comment les couleurs se reproduisent sur les plaques autochromes.
- Manipulation des plaques autochromes.
- Difficultés de fabrication
- Les plaques autochromes et le halo
- Applications

Conclusion de Léon Gimpel:

« L’entrée de la photographie des couleurs dans le domaine pratique présente de nombreuses applications qui s’étendront encore, le jour prochain sans doute où l’épreuve unique sur verre donnera naissance à un nombre illimité de copies sur papier (…). Les touristes vont pouvoir rapporter de leurs excursions des documents auprès desquels l’ancienne et froide interprétation en noir et blanc n’offrira plus qu’un intérêt secondaire… Est-il besoin d’insister sur la valeur acquise par les souvenirs de famille lorsque les portraits de ceux qu nous sont chers reproduiront le teint, la couleur des yeux et des cheveux du modèle ? Les explorateurs récolteront dans leurs voyages une ample moisson de documents auxquels la couleur ajoutera une valeur inestimable…En astronomie, la plaque autochrome sera particulièrement précieuse (…). En médecine, les documents obtenus d’après nature à l’aide de ces plaques remplaceront avantageusement les planches coloriées (…). Aujourd’hui, grâce à la belle découverte de MM. Lumière (…), le soleil fixera désormais, pour la plus grande joie de nos yeux, les couleurs incomparables dont se pare la nature ».

29 Juin 1907 (n° 3.357)

Les souverains du Danemark photographiés au Ministère des Affaires Étrangères le 17 juin 1907. Planche hors texte. Photo « L'Illustration ». (Autochromes)

« Ce portrait en couleur obtenu directement par la photographie a été gravé et imprimé en dix jours à 90.000 exemplaires. C’est là – toutes les personnes initiées à l’art typographique s’en rendront compte – un tour de force sans précédent ».

7 Décembre 1907 (n° 3.380) Noël 1907

Le Paradis des Roses (non paginé, 4 pages) : article de Ferdinand Honoré.7 photos : La roseraie de l’Hay : le portique d’entrée -- Un coin de la roseraie -- Une tonnelle fleuri -- Le rond-point de la Baigneuse -- La répétition générale d’un ballet au théâtre des roses -- La Marquise de Sinety et Sarah Bernhardt (2 photos de roses). Photographe non identifié (Autochromes).

1908

20 Juin 1908 (n°3.408)

La photographie en couleurs, p. 428. 6 photos : Sur la glace à Boulogne – Les bouées, sur un quai du port de Boulogne – La grande route en hiver – Soleil couchant et effet de neige – Falaises près de Fécamp – Village picard. Photos M. Meys, correspondant de l’Illustration à Boulogne (Autochromes).

« La photographie en couleur qui apparut pour la première fois au public en juin 1907, dans une conférence mémorable faite à L’Illustration par M. Louis Lumière, est aujourd’hui connue de tout le monde. D’innombrables amateurs la pratiquent avec succès. Des voyageurs comme M. Gervais Courtellemont et M. Gabriel Veyre, des artistes photographes comme M. Meys, notre correspondant à Boulogne, en ont réussi d’admirables. Nous comptons prochainement reproduire un certain nombre des « Visions d’orient » de M. Courtellemont et plusieurs clichés pris pour nous au Maroc par M. Veyre. Quant aux vues que nous avons réunies dans cette page, elles ont été choisies dans la collection de M. Meys qui, jusqu’à présent, est allé chercher moins loin ses sujets.
L’exactitude du rendu coloré n‘en sera que mieux apprécié de nos lecteurs. S’ils n’ont pas oublié les très précieuses explications que nous leur avons données dans le numéro du 15 juin 1907, ils savent qu’aucun artifice n’est intervenu pour obtenir les colorations si variées de ces petites gravures : la décomposition et la recomposition naturelles de la couleur ont tout fait, depuis le moment où M. Meys a pris ces clichés, en calculant simplement son temps de pose, jusqu’à celui où nous avons imprimé ces images en n’employant que les trois encres primaires (rouge, jaune et bleu) qui, par le seul effet d’une loi physique, par leur mélange et leur superposition s’opérant sans aucun contrôle, ont donné aussi bien le rouge de minium si spécial des bouées, que le vert des arbres, l’ocre des falaises et les reflets bleutés des effets de neige. Le papier sensible pour la photographie des couleurs n’existe malheureusement pas encore et la multiplication des épreuves directes demeure ainsi impossible. Nous fournissons la preuve que la reproduction fidèle à 100.000 exemplaires des clichés positifs en couleurs est réalisable typographiquement par les moyens dont dispose L’Illustration ».

1910

26 Novembre 1910 (n° 3.535)

Vision d'Orient, pp. 369-376. 7 photos : Le crépuscule à Damas : l’heure violette – Le mausolée des Derviches tourneurs à Koniah – Terrasses de Damas : les teinturiers y font sécher au soleil les pièces de cotonnades bleues – Cimetière de Brousse, au pied du Mont Olympe -- Une maison arabe de Damas : la cour intérieure – La mosquée d’Omar, à Jérusalem – Visions d’orient : Intérieur de la mosquée du sultan Ahmet à Stamboul (photo pleine page). Photos Jules Gervais-Courtellemont. (Autochromes).

Jean Paul Perrin